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Zone de confort : rester dans la pièce éclairée ou oser ouvrir la porte ?

Dernière mise à jour : 1 nov. 2025

Vouloir changer, c’est un peu comme ouvrir une porte sur une pièce plongée dans le noir. On a décidé d’y aller, on sait que c’est la prochaine étape…

On ouvre la porte et il y a cette petite voix qui souffle “punaise il fait noir, t’es sûre ? On peut y aller demain, oui demain c’est bien”.


Mais demain, ce sera la même porte avec le même noir…La pièce d’à côté est tellement plus éclairée, rassurante, pourquoi aller dans le noir, j’ai de ses idées quand même !

Bon, je vais me faire un café, parce que j’ai eu des émotions là ! pfiou !


J’ai déjà abordé le sujet et le répète (à moi-même aussi, je ne sors pas du lot !) : vouloir changer, ce n’est pas juste une histoire de motivation ou de bonnes résolutions.

Il y a ce tiraillement intérieur, discret ou bruyant, entre deux besoins tout aussi légitimes.


D’un côté, il y a l’appel du nouveau. Ce petit frisson qui pousse à ouvrir la porte, à voir ce qu’il y a derrière, à rêver d’autre chose, à sortir de la routine quoi !


De l’autre, il y a ce besoin viscéral de sécurité. L’envie de rester dans ce qu’on connaît, qui rassure, même si ça commence à titiller, à serrer un peu trop fort.


Fenêtre éclairée dans la nuit, symbole de la zone de confort, vue de l’extérieur.

La fameuse zone de confort, c’est cette pièce bien éclairée où rien ne surprend – ni en bien, ni en mal.

On s’y sent à l’abri, protégée. Mais à force d’être dans la même pièce avec des portes qu’on n’ouvre pas, on finit par sentir que quelque chose manque.

Il y a ce petit courant d’air qui  essaie de s’infiltrer.

On peut décider de ne pas sentir ce courant d’air, voir de le camoufler ! Ou on peut décider d'ouvrir...


Commence la négociation: “J’y vais ? Je reste ? Peut-être plus tard ?”

Le dilemme s’installe : avancer vers ce qui nous attire, ou rester dans ce qui nous rassure.

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse.

C’est juste humain !

Même les personnes les plus aventureuses, celles qu’on admire pour leur audace, ressentent cette hésitation, ce pincement au moment de s’avancer dans l’inconnu.


Et pour être honnête, je ne parle pas que pour vous… Je l’ai vécu (et je le vis encore !).

Il n’y a pas si longtemps, j’ai été invitée à animer un atelier en entreprise. Devant plus de 20 personnes.

Dans ma tête, j’allais être “en soutien”, tranquille dans l’ombre, à épauler l’animation…

Mais surprise : on m’annonce que c’est mon atelier, à moi de l’ouvrir, de le mener !

Je suis passée par toutes les phases : “je dis oui, je dis non, je ne peux pas, mais si je peux, non non non…”

Bref, j’ai accepté — et autant dire que j’ai dormi comme j’ai pu la veille !


Le jour J, j’ai senti la vague : mains moites, cœur qui s’accélère, petite voix qui négocie (“tu peux dire que t’as la grippe, non ?”).

Je vous passe les détails, mais j’ai bien cru transpirer toutes les couleurs de l’arc-en-ciel ce jour-là !


J'y suis allée. Pas parce que la peur avait disparu. Juste parce que l’appel du nouveau était un tout petit peu plus fort que l’envie de me cacher.


Et tu sais quoi ? J’en suis ressortie différente. Pas “guérie” de la peur, mais un peu plus à l’aise dans ce contexte d'être observée par une multitude de paires d'yeux !


La peur : un frein… mais aussi un garde-fou


On a tendance à voir la peur comme une ennemie, une gêne, un truc à “surmonter”. En réalité, la peur de l’inconnu a une vraie fonction : elle nous protège, nous prévient.

C’est un peu comme une veilleuse dans la nuit — elle ne t’empêche pas d’avancer, mais elle te rappelle de regarder où tu mets les pieds.


Notre cerveau n’aime pas trop les surprises. Il préfère ce qui est prévisible, maîtrisé et rassurant. Alors, quand il sent qu’on s’apprête à sortir du connu, il tire la sonnette d’alarme :

“Attention, danger potentiel ! On ne sait pas ce qu’il y a derrière la porte, tu es sûre de toi ?”


Et franchement, parfois, il a raison. La peur nous évite de foncer tête baissée, de prendre des risques inutiles, ou de se perdre dans un changement précipité. Imaginez qu’il y ait des escalier derrière cette porte où il fait noir. Et bien, elle nous empêche de tomber dedans !


Le problème, c’est qu’à force de trop l'écouter, on finit par rester immobile. On s’installe dans l’attente, on repousse au lendemain, on fait durer la pause-café… Et l’inconnu, lui, reste toujours aussi mystérieux et flippant !


Alors, la clé, ce n’est pas de faire disparaître la peur, mais d’apprendre à l’écouter juste ce qu’il faut.

Elle nous signale qu’on s’apprête à quitter notre zone de confort : tout l’enjeu, c’est de trouver comment avancer vers l’inconnu tout en gardant ce qu’il faut de sécurité pour soi.


C’est humain de vouloir y aller par étapes.


Qui a dit qu’il faut tout changer d’un coup, sinon rien ne bougera jamais ?

L’équilibre, ce n’est pas ça. Ce n’est pas choisir entre rester dans la pièce bien éclairée ou plonger d’un seul coup dans l’inconnu total.


Avancer, ça peut être juste laisser passer un petit filet de lumière, jeter un œil sur les premières marches, et se dire “ok, pour aujourd’hui, c’est déjà pas mal”.


Le vrai piège, c’est de croire qu’on n’a que deux options : la sécurité totale ou la prise de risque absolue. En réalité, la plupart des changements se font petit à petit, avec des pauses, des allers-retours et des hésitations — et c’est très bien comme ça.


Créer pour apprivoiser l’inconnu (et se surprendre soi-même)


Créer, ce n’est pas juste “faire joli” ou passer le temps : c’est un vrai laboratoire pour apprivoiser la sortie de zone de confort. On peut questionner ses peurs, explorer ses doutes, mettre en lumière les freins qui nous retiennent… sans pression et sans enjeu de réussite.


Quand on crée, on entre dans un espace où tout est permis : on peut hésiter, rater, recommencer, encore et encore !

Ce n’est pas grave, au contraire : la création permet d’observer comment la peur se manifeste, ce qu'on n’ose pas, les blocages et ce qui nous fait vibrer.


Symboliser sa propre zone de confort en création est une démarche extraordinaire. C'est rendre visible l'invisible, cette paroi entre la sécurité et l'insécurité. Chaque personne trouve sa propre forme représentative de la zone de confort, et on dialogue. On entre, on sort, on affine la paroi ou pas. On questionne et on avance...


Bien souvent, c’est au détour d’un geste spontané qu’on découvre une ressource cachée, une envie nouvelle, ou juste un peu plus de confiance.


La création, c’est un terrain d’essai sécurisé : on explore l’inconnu, on se pose des questions sur ce qui fait peur, même on dialogue avec elle !

Et on voit comment avancer doucement vers le changement.


Et maintenant ? Elargir sa zone de confort… à son rythme


Ce qui compte, ce n’est pas de franchir la porte en courant ni de tout révolutionner d’un seul coup. C’est d’oser le mouvement, aussi minuscule soit-il, et de s’autoriser à avancer à son rythme.


Tu peux commencer par un tout petit pas  : observer ce qui te retient, t’autoriser à nommer une peur et entrouvrir la porte du changement — aujourd’hui, un peu plus qu’hier.


L’essentiel, c’est d’expérimenter, de sentir que l’inconnu devient un peu moins inconfortable à chaque fois.


Ni la peur, ni la zone de confort ne sont tes ennemies.

Ce sont des repères sur le chemin. Si tu avances avec elles, sans te juger, tu verras que l’équilibre, lui aussi, s’apprend.


Et si tu hésites encore, rappelle toi : même dans le noir, avancer un orteil, c’est déjà explorer.



 

 Pour aller plus loin


Et si, avant de sortir vraiment de la zone de confort, tu essayais juste un gribouillis pour voir ce que ça change ?



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